Engagement & politique · France · 1928–2024Robert Badinter
Avocat et ministre, artisan de l'abolition de la peine de mort. Son père est déporté et tué à Sobibor. Après avoir vu un de ses clients guillotiné, il consacre sa vie à abolir la peine de mort.
Le tournant
L'obstacle : La déportation de son père, l'antisémitisme, et une opinion publique majoritairement favorable à la peine de mort.
Le déclic, à 53 ans : Le 17 septembre 1981, il présente le projet de loi d'abolition à l'Assemblée nationale ; la loi est adoptée.
La biographie
Robert Badinter naît en 1928 à Paris, fils d'immigrés juifs venus de Bessarabie. En 1943, à Lyon, son père est arrêté par la Gestapo, déporté et tué au camp de Sobibor. Robert et sa mère survivent cachés.
Il étudie le droit et les lettres, puis devient avocat en 1951 et professeur de droit. En 1972, il défend Roger Bontems, complice d'une prise d'otages qui n'a pas tué. Bontems est condamné à mort et guillotiné. Badinter assiste à l'exécution ; il en sort bouleversé.
Il se jure de lutter contre la peine de mort. En 1977, il défend Patrick Henry, meurtrier d'un enfant, et obtient qu'il échappe à la guillotine. Il reçoit des menaces de mort. En 1981, François Mitterrand le nomme ministre de la Justice.
Le 17 septembre 1981, il défend à l'Assemblée la loi d'abolition, adoptée malgré une opinion majoritairement hostile. Il fait aussi dépénaliser l'homosexualité. Il préside le Conseil constitutionnel, puis devient sénateur. Il meurt en 2024.
Le parcours
- 1943 — Son père est arrêté à Lyon.
- 1951 — Devient avocat.
- 1972 — Assiste à l'exécution de Roger Bontems.
- 1977 — Sauve Patrick Henry de la peine de mort.
- 1981 — Abolition.
- 1986 — Président du Conseil constitutionnel.
« J'ai l'honneur, au nom du gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France. »
— Robert Badinter, Discours à l'Assemblée nationale, 17 septembre 1981
Ce que son parcours peut t'apporter
Pour toi si tu veux défendre une cause impopulaire.
- Ne détourne pas les yeux — L'exécution de son client a changé sa vie.
- Tiens face à l'opinion — Il a défendu l'abolition contre la majorité.
- La dignité est universelle — Même pour les coupables.
La leçon : Un choc personnel peut devenir le combat d'une vie.